Retour aux Blue Mountains

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Après avoir quitté Port Macquarie et rouler une bonne partie de la soirée, nous arrivons au nouveau free camp, un parking situé juste en face d’un lac. A peine installé, je ne me fais pas prier pour rejoindre mon lit dans la voiture qui sera beaucoup plus « confortable » que la tente. Néanmoins, on ne peut pas dire que le sommeil ait été réparateur. La proximité du lac promettait une nuit paisible avec pour seul bruit de fond les mini vagues qui s’échouent sur le rivage. Malheureusement, juste à côté de nous, des travaux sur la voie publique ainsi qu’un chemin de fer (très emprunté) ont chamboulé tous les plans et m’ont tenu éveillé une bonne partie de la nuit.

Du coup, je me lève encore plus tôt que d’habitude, juste avant que le soleil ne fasse son apparition. En ouvrant la portière de la voiture, le froid me saisit et me fige littéralement malgré les couches de vêtements que je porte. Après quelques secondes d’hésitation, je décide de rester dehors afin de profiter du lever du soleil qui est tout simplement magnifique ! Une lumière jaune orangée envahit et éclaire le lac bleu nuit. Les rayons du soleil qui se reflètent dans l’eau mettent en évidence les ondulations du lac d’un calme olympien. Les ombres des mâts des bateaux sont totalement symétriques par rapport à la proue, donnant l’impression que ces derniers sont transpercés de part en part. Je m’assois sur les rochers face au soleil pour profiter du spectacle avant que les filles ne se réveillent.

Lever soleil

Lever du soleil sur le lac

A quelques pas de là, j’aperçois une sculpture représentant les lettres d’un scrabble et le mot « Imagine » où il manque le 2ème « i ». En l’observant de plus près, je me rends compte que ce lieu est parfait pour prendre une photo inoubliable. Je me mets à la place du « i » manquant et demande à Jade de prendre plusieurs clichés avec le lever du soleil en arrière plan. Après avoir pris la pose, je regarde les photos et suis très satisfait du résultat qui est bien mieux que ce que je ne me l’étais imaginé.

Imagine

Just imagine…

Ce shooting photo terminé, nous prenons notre petit-déjeuner sur une table de pique-nique avant de tout remballer dans la voiture et de partir vers notre nouvelle destination : les Blue Mountains. Si vous suivez mon blog depuis le début, vous savez que j’y ai déjà fait un tour au début de mon aventure en Australie. Ces montagnes proches de Sydney offrent une vue incroyable et tout à fait singulière qu’il ne faut rater sous aucun prétexte lorsque l’on voyage dans la région. Les filles n’y étant jamais allées, il était donc évident de faire un crochet par les Blue Mountains. Elles pourront ainsi être spectatrices de ce phénomène naturel, la teinte bleutée de cette chaîne de montagnes due aux essences d’eucalyptus.

Direction Katoomba, la ville principale des Blue Mountains et point de départ de nombreuses randonnées. Même si ma dernière visite remonte à plus d’1 an, je me souviens parfaitement des rues de ce petit village de montagne ainsi que l’emplacement « Echo Point ». C’est là que l’on peut admirer un panorama incroyable, une forêt qui s’étend sur des milliers d’hectares à perte de vue. En bon touriste que nous sommes, nous prenons de nombreuses photos avant de nous lancer dans une longue randonnée qui nous amènera aux sites principaux des Blue Mountains.

Panorama Echo Point

Magnifique vue des Blue Mountains depuis « Echo Point »

1er arrêt, les « 3 sisters ». Je ne vous rappelle pas l’histoire de ces 3 rochers provenant d’une légende aborigène (si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à cliquer sur le lien suivant où je raconte ma 1ère visite ici https://fabienaupaysdoz.com/2015/10/22/les-blue-mountains/). Sur le chemin de randonnée nous amenant aux « 3 sisters », je remarque qu’il y a toujours autant de monde que la dernière fois malgré le froid hivernal qui commence à se faire sentir en cette saison.

Juste après, nous partons vers une partie du trek que je n’avais pas encore empruntée. Un minimum de condition physique est nécessaire pour descendre les « Giant Staircase ». Il s’agit d’un immense escalier de pierre, composé de marches gigantesques partant du sommet des « 3 sisters » jusqu’au début de la forêt des Blue Mountains. Durant la balade, nous sommes contraints d’enlever les couches de vêtements sur notre dos. Le froid de Katoomba a laissé place à la chaleur produite par cet exercice physique. Nous terminons même les « Giant Staircase » en t-shirt, essoufflés, accompagnés de quelques gouttes de sueur. En bas, nous rencontrons des groupes de randonneurs amorçant la montée de ces marches, prenant une grande bouffée d’air frais avant cette ascension qui sera certainement plus dure que la descente. A cet instant, je suis heureux et soulagé d’avoir pris le chemin en sens inverse mais attendons de voir le reste de la randonnée.

Randonnée Blue Mountains

Sur le chemin de randonnée

Cascade Blue Mountains

Cascade dans la forêt des Blue Mountains

Nous traversons une partie de la forêt durant bien 3/4 d’heure avant de nous arrêter au « Scenic Railway » qui offre aux touristes une nouvelle vue des Blue Mountains. Pour les plus paresseux, il est possible d’arriver ici via un téléphérique qui effectue à votre place la descente et la montée. Pour les sportifs ou les personnes à petit budget (ne voulant pas dépenser plusieurs dollars pour utiliser le téléphérique), ils ne restent plus qu’à emprunter le sentier afin de rejoindre les hauteurs et repartir en direction d’Echo Point. Vous l’aurez compris, en bon backpacker, nous choisissons la 2ème option, plus économique permettant également de perdre quelques grammes et d’améliorer notre cardio. Mais pour le moment, nous préférons profiter des installations mises en place aux alentours du « Scenic Railway ». Juste à côté du téléphérique, un petit détour propose aux voyageurs d’en connaître plus sur les Blue Mountains qui étaient un site minier quelques siècles auparavant. Par ailleurs, des œuvres d’art ont été disséminées tout au long du chemin. Cela n’a rien à voir avec l’histoire des Blue Mountains mais l’idée est très intéressante. Les artistes ont utilisé l’environnement naturel pour sublimer leurs œuvres via des jeux de lumière, le souffle du vent ou encore le reflet du ciel.

Mines Blue Mountains

Les mines des Blue Mountains

Oeuvre d'art Blue Mountains

Une œuvre d’art représentant une toile d’araignée en 3D

Sculpture Scenic Railway

Une autre œuvre d’art du « Scenic Railway »

Nous restons bien plus d’1/2 heure avant de nous décider à remonter le sentier et revenir à notre point de départ. L’ascension est tout aussi intense que la descente des « Giant Staircase ». Arrivés au sommet, nous sommes récompensés par la vue sur « Katoomba Falls », les fameuses cascades de la région que j’avais eu l’occasion d’admirer lors de ma dernière visite. Emerveillées par la beauté du site et voulant aussi reprendre leur souffle, les filles préfèrent rester quelques instants ici avant de terminer la dernière partie de la randonnée jusqu’à « Echo Point ». Voilà, la boucle est bouclée. Il nous aura fallu plusieurs heures pour finir le principal trek des Blue Mountains.

Katoomba waterfalls

Les Katoomba waterfalls

Avant de partir de Katoomba pour nous rendre au free camp situé non loin d’ici, nous décidons de visiter la ville et profiter des derniers rayons du soleil. On pourrait comparer Katoomba à l’une de nos stations de ski en France. Un petit village de montagne composé avant tout de magasin d’équipements de randonnée, de boutiques souvenir, de bars/restaurants et de petites supérettes. Après avoir traversé Katoomba en long, en large et en travers, nous nous arrêtons dans un mignon petit café ressemblant à un chalet. La décoration intérieure est composée de meubles en bois massif et de petites lumières donnant un aspect chaleureux à la pièce. Pour nous réchauffer, nous commandons des boissons chaudes, servies par le propriétaire du bar, un Canadien avec une chemise de bûcheron et une grosse barbe, vrai cliché ambulant. Comme très souvent en Australie, ce dernier entame la discussion et nous demande d’où nous venons, ce que nous faisons ici. Lorsque je lui réponds que je suis français, il ne peut s’empêcher de parler ma langue mais d’une manière assez hésitante. Il m’explique qu’il vient de la partie anglo-saxonne du Canada et que durant toute sa scolarité, il a essayé d’apprendre le français, obligatoire à l’école jusqu’aux études secondaires. Le français étant l’une des langues les plus difficiles à apprendre selon les étrangers, la majorité des Canadiens « anglo-saxon » l’abandonnent à partir de l’université. C’est dommage car je trouve qu’à l’époque actuelle il est important de savoir parler plusieurs langues (au moins une de plus que la notre). Ne serait-ce que par curiosité des autres cultures. A travers la langue, nous découvrons d’autres us et coutumes, états d’esprit, points de vue que nous n’imaginions même pas. Malheureusement, je constate que dans la plupart des pays où l’anglais est la langue maternelle, les personnes ne font aucun effort pour en apprendre une autre. Beaucoup partent du principe que l’anglais est la langue internationale et que par ce fait, il n’est pas nécessaire de savoir parler français, italien, espagnol, allemand… Bien entendu, le début de l’apprentissage est compliqué mais il faut réussir à dépasser cela. En revenant en arrière, l’anglais était l’une des matières que je détestais le plus avec le sport à l’école. Pourquoi apprendre une autre langue si je vis uniquement en France ? Les touristes qui viennent ici n’ont qu’à parler le français, un point c’est tout ! Puis, l’évolution de la société avec la mondialisation ainsi que l’âge font que l’on se rend compte à quel point les langues sont riches et nous en apprennent beaucoup sur l’autre ainsi que sur soi-même. J’espère qu’un jour cette façon de penser sera partagée par les Anglo-saxons qui seront capables de communiquer dans une autre langue que la leur.

Rue Katoomba

Dans les rues de Katoomba

Coffee Shop Katoomba

Le café de Katoomba

Café Katoomba

De délicieuses boissons chaudes pour se réchauffer

Suite à cette courte conversation, nous dégustons nos boissons chaudes et nous réchauffons tant bien que mal. La nuit faisant son apparition, nous décidons de nous rendre au cœur des Blue Mountains où j’ai trouvé un camping gratuit avec des avis plutôt positifs sur Wikicamps. Une petite route sinueuse nous amène sur une aire où l’on aperçoit plusieurs voitures qui se sont sûrement arrêtées pour dormir. Nous tournons un peu avant de trouver l’emplacement idéal à côté d’une table de pique-nique et non loin des toilettes. En parlant de toilettes, comment dire… J’en ai rarement vu d’aussi répugnantes ! Déjà pas de lumière, ce qui me contraint à prendre une lampe torche, pas très pratique. A l’ouverture de la porte, une odeur âcre et malodorante envahit le cabanon. Je définirais celle-ci par un subtil mélange d’ammoniaque et autres composants nauséabonds. En relevant la cuvette des toilettes, l’odeur est encore plus intense, me giflant littéralement le visage (enfin surtout le nez). Là, devant moi, un énorme trou sans fond me fait paniquer. Si la bouche de l’enfer existait, je pense que ça ressemblerait à ça ! Avant de faire ma petite commission, j’essaie d’estimer la profondeur de ce puits digne d’un film d’horreur où le serial killer balancerait les corps de ses victimes. Muni de ma lampe torche, je me penche pour n’apercevoir pas grand chose. La lumière n’est pas assez forte pour éclairer le trou jusqu’au fond. Bon, je décide de ne plus perdre de temps et avant que je ne m’évanouisse, je fais ce que j’ai à faire en retenant ma respiration tout du long. Puis, tel un candidat de Fort Boyard voyant les derniers grains du sablier tomber, je me précipite à la sortie et reprend mon souffle.

Free camp Blue Mountains

Bienvenue au free camp des Blue Mountains

Diner free camp

Préparation du dîner au free camp

Suite à cette aventure où mon sens de l’odorat a été mis à rude épreuve, je rejoins les filles pour le dîner avant de m’écrouler sous la tente frigorifié malgré les 2 couvertures, la veste, le pull, les grosses chaussettes et le jogging. Je sens que la nuit va être glaciale mais peu importe, le road trip continue dans la joie et la bonne humeur !

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