Randonnée, réflexion et soirées festives

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Après une balade très citadine au cœur de Sydney, nous avons choisi de passer cette journée au vert avec une randonnée au Royal National Park. Si vous suivez mon blog depuis son lancement, vous savez que j’y suis déjà allé le jour de Noël 2015 avec Mathieu et sa cousine Alicia (cf https://fabienaupaysdoz.com/2016/02/04/une-balade-au-royal-national-park/).

Encore inconnu des filles et sur Sydney pour plusieurs jours, une visite du parc national me parait être un passage obligatoire. D’autant plus qu’elles auront la chance de voyager de manière un peu plus confortable avec ma voiture Furiosa. Et oui, fini le trajet en train de plus de 3h de Sydney à Otford ainsi que la marche de 30 min entre la gare et l’entrée du parc. Aujourd’hui, seulement 1h30 de voiture pour nous amener directement au Royal National Park.

A la recherche du temps perdu :

Enfin quand je dis 1h30, c’est le temps estimé sur le papier car nous avons eu un léger retard. Non, ce n’est pas le trafic autoroutier qui en est la cause. La raison est assez comique lorsque l’on y repense. Nous quittons, Jade et moi, l’auberge de jeunesse pour rejoindre la voiture garée à quelques rues de là mais décidons de prendre un raccourci. Au lieu de faire un détour par la plage de Bondi Beach et remonter vers la gare routière, nous avons trouvé judicieux de couper à travers les rues de Bondi. Ceci nous permettrait de gagner une dizaine de minutes. GROSSE ERREUR !! Perdus dans les ruelles de la ville, nous mettons bien 1/2 heure pour retrouver la voiture soit le double du temps par rapport au trajet classique…

Du coup, nous nous dépêchons afin d’essayer de rattraper le temps perdu. Patricia doit déjà attendre depuis un bon moment à la gare de Bondi Junction, lieu où nous devons la retrouver avant de partir au Royal National Park. Malheureusement, la route menant jusqu’à Bondi Junction est très empruntée le matin. J’avais oublié que beaucoup de personnes partent rejoindre le CBD pour commencer leur journée de travail. Nous ajoutons encore 1/2 heure de retard soit au final 1h de plus par rapport au temps initial, estimé via Google Maps.

Je ne parle même pas de notre circuit autour de la gare de Bondi Junction pour tenter de retrouver Patricia que je croise plusieurs fois sans m’en apercevoir. Quand je conduis, j’ai beaucoup de mal à me concentrer, à la fois sur la route, le trafic et sur le fait de chercher quelqu’un sur le trottoir.

Enfin, Patricia rentre dans la voiture et effectivement, à partir de ce moment-ci, nous mettons bien 1h30 pour nous rendre au Royal National Park malgré le nombre de voitures sur la route. Maintenant, nous pouvons nous lancer dans une longue randonnée ayant pour destination les Figure 8 Pools. Les célèbres piscines naturelles qui bordent l’océan et se trouvent à 2h de marche d’ici.

Allez hop, on y va, en route pour l’aventure !

A peine notre balade commencée, nous avons droit à une pluie fine et des nuages gris qui j’espère disparaîtront dans la journée. Si le temps reste maussade, je ne pense pas que je vais me baigner aux Figure 8 Pools, contrairement à ma dernière visite.

Plage Royal National Park

Plage du Royal National Park

Malgré cela, la balade reste très agréable. Les filles n’ayant pas l’âme d’aventurières, nous faisons un léger détour en suivant le chemin balisé, plus sûr selon elles que le raccourci que j’avais pris avec Mathieu & Alicia. Malheureusement, la dernière partie de la randonnée est assez périlleuse. Nous passons par les rochers où les vagues venues de l’océan terminent leur course dans un grand fracas et une superbe explosion avant de disparaître à tout jamais. Pour compliquer le tout, il faut faire particulièrement attention aux endroits où l’on marche car la roche est assez glissante. Sous l’effet de la marée, cette dernière est immergée une bonne partie de la journée. Le reste du temps, celle-ci est mouillée avec à certains endroits des algues vertes, transformant le sol en véritable patinoire. Si vous ne voulez pas tomber à l’eau et évitez de vous faire mal (voire mourir), il est très important de ralentir le pas et regarder à 2 fois avant de poser le pieds. De plus, vérifiez bien l’état de la marée avant d’emprunter cette voie. Cela serait dommage de se retrouver coincé au beau milieu des rochers à cause de la marée montante, stoppant net votre avancée. D’ailleurs, sur le chemin, des bouées de sauvetage, telles que l’on en voit à la TV dans « Alerte à Malibu » ou « Bondi Rescue », sont accrochées à même la roche afin d’aider les randonneurs imprudents.

Falaise danger Figure 8 Pools

Attention à la chute

Figure 8 Pools chemin

Un chemin périlleux…

Réflexion Figure 8 pools

En pleine réflexion face à l’océan

Enfin, les Figure 8 Pools !!!

Nous arrivons à bon port, juste à temps pour observer ces magnifiques piscines naturelles. La marée commençant à monter au fur et à mesure, les Figure 8 Pools risquent d’être totalement immergées et invisibles d’ici 1h/1h30. Par chance, nous avons le temps de faire plusieurs photos et de nous poser un long moment avant que cela n’arrive. Ce serait dommage de faire 2h de marche pour au final ne rien voir.

Figure 8 Pools panorama

Vue d’ensemble des Figure 8 Pools

Piscine Figure 8 Pools

Pause devant la plus célèbre des piscines naturelles

Lorsque les 1ères vagues commencent à recouvrir les Figures 8 Pools, nous décidons de rebrousser chemin et rentrer jusqu’à la voiture. Malheureusement, juste avant de quitter le site, Jade glisse et tombe juste derrière moi. Lorsque je me retourne, je la vois sur le dos n’arrivant plus à se relever telle une tortue renversée sur sa carapace. A quelques centimètres d’elle, un touriste chinois l’aide à se remettre sur ses pieds. Muni d’une trousse de 1er secours, il n’hésite pas à désinfecter la plaie et lui bander la jambe. Son genou n’est pas très beau à voir et d’après la tête qu’elle fait, cela à l’air un peu douloureux. Une fois les soins prodigués par cet ange-gardien tombé à pic, nous le remercions chaleureusement avant de reprendre notre chemin.

Une pause bien méritée :

Heureusement, le retour se fait sans déplorer un seul accident. A la voiture, je propose aux filles de partir au lac de Bundeena situé au nord du Royal National Park, juste avant Sydney. Le site est plutôt sympa pour faire un pique-nique et se reposer.

Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, je vous invite à vous rendre sur l’article que j’ai écrit sur cet endroit lorsque j’étais venu une 1ère fois avec mes amies Fabiolà & Aricia (https://fabienaupaysdoz.com/2016/04/09/bundeena/).

Nous nous garons en face du lac et prenons le nécessaire pour cuisiner un bon repas en compagnie des cacatoes et des ibis. Ces derniers s’approchent de nous avec intérêt et n’attendent qu’une seule chose : ramasser la nourriture qui risque de tomber au sol.

Fatigue Bundeena

Traits tirés après une longue randonnée

Le déjeuner terminé, nous changeons notre plan initialement prévu. Nous devions nous rendre à une autre partie du Royal National Park pour visiter le Wedding Cake Rock, une falaise dont la forme ressemblerait à un gâteau de mariage. Malheureusement, Jade a vraiment mal à son genou. Quant à moi, je souffre d’une migraine atroce depuis environ 3/4 heure. Nous préférons donc retourner à l’auberge pour se reposer avant de sortir ce soir avec l’amie de Patricia qui l’héberge. Ayant tellement mal au crâne, je laisse le volant à Jade qui malgré son genou et plus capable que moi de conduire. Patricia n’étant pas à l’aise derrière le volant et plus particulièrement dans Sydney, nous n’avons pas tellement le choix.

Alcool, party et night-club au CBD :

Ayant dormi durant tout le trajet, je me réveille à Bondi Junction où nous laissons Patricia prendre le train qui la ramènera au CBD. Quant à nous, il ne nous faut que quelques minutes pour partir sur Bondi Beach et faire la sieste. A mon réveil, la douleur a enfin disparu. J’ai juste le temps de me laver et me changer avant de partir vers le CBD pour rejoindre Patricia à l’appartement de son amie. Nous arrivons aux alentours de 22h, 2 bouteilles de vin à la main pour discuter un peu avant de partir à l’Ivy, le plus célèbre night-club de la ville (encore une fois, je vous invite à lire l’article dédié à ce lieu grâce au lien ci-après https://fabienaupaysdoz.com/2015/09/16/livy/).

Ivy verres

En route vers l’Ivy !

Nous faisons connaissance avec l’amie de Patricia ainsi que ses 2 colocataires dont l’une d’elles part d’ici quelques jours sur Cairns. Elle va tenter de trouver une ferme pour faire ses 88 jours obligatoires et avoir sa 2ème année de visa. BON COURAGE !!! Souvenez-vous, c’est exactement ce que j’ai fait un peu plus d’1 an de cela. Du coup, je lui donne tous les conseils et astuces pour trouver un travail le plus rapidement possible dans cette région : les villes où il y a le plus d’emplois, les noms des grosses fermes, les agences d’intérim… En lui expliquant tout cela, je m’aperçois que je suis devenu un véritable expert de l’industrie des fermes et des usines du Nord du Queensland. Je pourrais ouvrir une boîte de conseil aux backpackers de Sydney tentés par cette horrible aventure dont j’en ai fait le bilan sur mon blog (https://fabienaupaysdoz.com/2016/08/20/bilan-de-lexperience-des-88-jours/).

Vers minuit, après plusieurs verres d’alcool et de longues conversations, nous partons en direction de l’Ivy. Patricia ayant un coup dans le nez et après plusieurs arrêts aux toilettes dans différents McDonald’s, nous arrivons enfin à destination avec plus de temps que prévu. Devant les videurs de l’Ivy, je m’aperçois que j’ai oublié mon passeport et n’ai que ma pièce d’identité avec moi. Connaissant le lieu, je dis aux filles que je ne vais pas pouvoir rentrer car tous les étrangers doivent venir avec leur passeport. Les pièces d’identité étant écrites dans une langue étrangère, les videurs préfèrent pointer les personnes plutôt que de prendre 1 minute de plus à la vérification. Par chance, le videur sur qui je suis tombé étant plutôt sympa, il m’autorise à rentrer en me faisant quand même un sermon sur le fait d’avoir oublié mon passeport. Ce geste de bonté étonne fortement l’amie de Patricia qui avait été recalée quelques semaines de cela pour la même raison.

Piscine Ivy

La piscine de l’Ivy

Ivy soirée

En mode schtroumpf à l’Ivy

Oublions ça, il est l’heure de faire la fête et danser une bonne partie de la nuit !!! Vers 3h30 du matin, fatigué, je décide de rentrer au backpack, laissant les filles à l’Ivy et en bonne compagnie…

Repos & réflexion à Bondi Beach :

Le lendemain matin, après une grasse matinée, je pars prendre mon petit déjeuner sur la plage, attendant que Jade se lève. En observant l’océan, les gens autour de moi et l’ambiance de cette plage si particulière à mes yeux, je ressens une forte envie de faire ma vie ici et rester loin de tout ce qui est négatif en France :

  • Son stress & son climat angoissant,
  • Sa mentalité trop étriquée où tout le monde doit rentrer dans une case, ne laissant aucune place à la créativité, la liberté et l’ouverture d’esprit.

Parfois, je regrette de ne pas être venu une dizaine d’années auparavant, au moment où il était plus facile aux étrangers d’avoir un visa permanent et rester en Australie. Aujourd’hui, l’immigration est extrêmement régulée et je ne vois quasiment aucun moyen de rester sur du long terme.

Oui, je peux avoir un visa étudiant et aller à la fac de Sydney mais ce projet est très coûteux, sans être certain de pouvoir faire ma vie ici après mes études. Débourser des milliers de dollars pour ne pouvoir rester que 2 ou 3 ans, c’est un risque sur lequel je dois réfléchir avant de prendre une décision. Puis, si je ne parviens pas à avoir mon visa permanent, je reviendrais en France après plusieurs années de vie à l’étranger, sans une expérience professionnelle concrète aux yeux des recruteurs. Partir dans l’inconnu, être totalement autonome, développer un réseau par soi-même, se créer une vie confortable dans un pays étranger où l’on doit parler anglais tous les jours, c’est comme prendre des vacances au soleil pour une grande partie des responsables RH de boîtes françaises. J’aimerais bien voir ces mêmes personnes se lancer dans une telle expérience, on verrait si cela est si facile qu’ils le pensent.

Alors que le monde bouge, évolue, la France reste dans un immobilisme révoltant qui s’étonne de voir sa population partir à l’étranger. Sans parler de ces personnes, expertes en recrutement qui dans les magazines, à la télévision se targuent d’être ouvertes d’esprit et intéressées par des profils atypiques. Effectivement, ça fait bien devant les journalistes de dire cela mais encore faut-il l’appliquer et ce n’est pas le cas. La France est dans cette hypocrisie de prôner ce modèle de tolérance à l’anglo-saxonne mais n’a ni le courage de passer à l’action, ni l’envie.

L’Australie est l’inverse de tout cela. Ici les gens ne sont pas stressés par leur travail, évoluent professionnellement, peuvent changer d’emplois, d’industries s’ils sont lasses de leur travail actuel. Les antidépresseurs, les burn-outs, les grèves à répétition sont des notions quasi inconnues alors qu’en France nous en sommes les rois du monde. Le jour où la France aura compris son erreur et mettra en place un modèle à l’australienne, je pense que beaucoup d’expatriés voudront revenir dans leur pays.

J’aimerais croire à cette évolution des mentalités mais malheureusement j’en doute fortement. Il faudrait que l’ancienne génération parte tous à la retraite, que notre Président casse et libéralise ce marché du travail obsolète sans ce soucier des grèves, des révoltes du peuple. Je crois que la société française garde cet esprit de révolution acquis en 1789 mais l’utilise à mauvais escient. L’objectif de la révolution française était la liberté et l’arrêt d’une ségrégation insupportable, tuant des milliers de gens. Les « révolutions » d’aujourd’hui ne sont faites que pour garder les privilèges d’une partie des travailleurs, une vision archaïque de l’emploi et de la famille. Ces nouveaux « révolutionnaires », connus sous le nom d’insoumis, de nationalistes ou encore d’extrémistes étouffent la liberté des autres français qui n’ont qu’une solution : partir vers d’autres pays, d’autres cultures qui acceptent la différence jugée comme un véritable atout et non une faiblesse.

Assis sur la plage de Bondi Beach, je pense à tout ça, à la peur de rentrer dans mon propre pays qui n’est plus en adéquation avec ma vie, jugée oisive, sans objectif, ni futur : une vision à court terme et instable.

Au bout de quelques heures, Jade me rejoint et nous décidons de passer le reste de la journée à Bondi Beach. Ces derniers jours ont été assez chargés, il serait temps de souffler un peu et de se mettre en mode farniente.

Petit déjeuner devant la plage de Bondi Beach

Cocktail & clubbing à l’Opera House :

En fin d’après-midi, nous partons vers Circular Quay, en mode soirée citadine. J’amène Jade dans le bar situé au pied de l’Opera House où nous sirotons un cocktail à l’extérieur avec comme décor le Harbour Bridge et l’Opera éclairés de mille feux. Puis nous remontons le CBD et arrivons sur Oxford Street où nous partons faire la fête dans un night-club du quartier.

Harbour Bridge Opera House nuit

Harbour Bridge & Opera House by night

Cocktail bar Opera House

Un bon cocktail devant le Harbour Bridge

Aux alentours de 4h du matin, en repartant vers l’auberge de jeunesse, je me rends compte que notre séjour sur Sydney est bientôt terminé malheureusement… Seulement 2 petits jours avant de reprendre la route et dire aurevoir à cette ville fantastique où tout est possible.

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