Entre océan et désert, le paradoxe australien

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Je ne pouvais pas rêver mieux qu’un réveil au bord de l’océan Indien accompagné d’un lever de soleil aux couleurs orangées où seul les clapotis de l’eau résonnent. Parmi les premiers campeurs debout, nous admirons cette vue paradisiaque avant de ranger nos affaires et repartir sur les routes de la côte ouest.

Un « Pink Lake » pas très rose…

Une grande partie de notre matinée se résume uniquement à conduire sur une voie rapide rectiligne afin de rejoindre notre première étape de la journée. Après trois heures de conduite assommantes, notre GPS nous indique que nous sommes arrivés à destination. Le Hutt Lagoon fait partie du cercle très fermé des Pink Lake disséminés à travers le continent australien. Ces lacs salés peuvent changer de couleur et arborer une robe rosée en fonction des températures et du temps. Mon road trip précédent (de Surfers Paradise à Perth) m’avait amené à l’une de ces étendues d’eau singulières dans les environs d’Esperance. Malheureusement, le soleil et la chaleur n’étant pas au rendez-vous, la couleur de l’eau n’avait rien d’exceptionnelle comparée aux lacs d’eau douce.

Avant de pouvoir admirer le Hutt Lagoon, nous tentons de trouver l’entrée principale où nous pourrions garer notre van et continuer le chemin à pied. Malgré nos efforts, n’arrivant pas à la trouver, nous nous contentons de nous arrêter sur le bas-côté et empruntons un sentier de fortune trouvé totalement par hasard.

Devant le Pink Lake, je dois vous avouer que je suis un peu déçu par le paysage se présentant sous mes yeux. Une route traversant le lac d’est en ouest, interdite au public, nous empêche d’avancer plus loin. Disciplinés, nous restons à notre position pour tenter de déterminer si la couleur du Hutt Lagoon est bien rose. Encore une fois, on ne peut pas dire que ce soit le cas, les conditions climatiques n’étant pas suffisantes pour modifier le pH de l’eau. Cependant, en s’accroupissant un peu et en observant le côté sud du lac, nous parvenons à distinguer de légères nuances rosées, plus visibles sur les photos que nous prenons par rapport à la réalité.

Pink Lake Hutt Lagoon

Le Hutt Lagoon ou Pink Lake. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Rose Hutt Lagoon

La meilleure photo que j’ai pu avoir de la couleur rose du lac… Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Ce n’est pas encore aujourd’hui que je verrais un Pink Lake rose. Le seul endroit où j’ai pu en voir un, était du temps de ma jeunesse, lorsque j’habitais dans les Bouches-du-Rhône, dans le sud de la France (pour ceux que cela intéresse, il se trouve du côté de Fos-sur-Mer, sur la route menant à Istres 😉).

Une deuxième désillusion…

Sans plus attendre, nous reprenons notre route pour atteindre Kalbarri où nous allons faire une halte de deux jours. La ville n’a en soi rien de particulier mais ses alentours regorgent de richesse naturelle dont le fameux parc national de Kalbarri. Différent de Yanchep avec ses kangourous et ses randonnées boisées ainsi que Nambung avec ses Pinnacles, ce troisième national park propose de nombreux treks dans un décor de western. Gorges, falaises abruptes et rivières traversant des rocs de couleur ocre, proposent aux visiteurs de nombreuses activités « outdoor » telles que le canyoning ou le rafting.

Afin d’obtenir un plan du parc, nous entrons dans le centre d’information de Kalbarri où nous apprenons une mauvaise nouvelle. Le Kalbarri National Park est fermé pour plusieurs mois afin de sécuriser les chemins de randonnée non praticables… Cependant, en échange d’une vingtaine de dollars, il est possible de visiter l’attraction principale, le Nature’s Window, où l’on peut admirer le paysage rocailleux depuis les hauteurs des falaises. Pour cela, il faut réserver une place dans un bus mis à disposition par la ville, unique moyen de transport autorisé à circuler à l’intérieur du parc. Seulement deux trajets en bus par jour sont organisés ce qui crée une liste d’attente nous obligeant à rester cinq jours à Kalbarri pour avoir une place de libre. Ne pouvant rester autant, nous nous résignons à passer notre chemin et partir d’ici sans rien avoir visité.

Natures Window

Voilà ce que nous aurions pu voir au parc national de Kalbarri (Nature’s Window). Crédit photo : mariehalter via Pixabay

Un plan de substitution

Pour ne pas repartir bredouille, l’employé du centre d’information nous propose de découvrir la côte de Kalbarri s’étendant sur plusieurs kilomètres. Ce plan B, tombant à point nommé, nous permettra d’atténuer notre déception et profiter de cet après-midi ensoleillé.

Muni d’une carte détaillée de la côte, nous repartons vers le sud pour commencer par le premier point d’observation, le Natural Bridge. Comme j’ai pu déjà en rencontrer sur la Great Ocean Road, le Natural Bridge est un pont en pierre formé sous l’effet de l’érosion des millions d’années auparavant.

Natural Bridge Kalbarri

Le Natural Bridge de Kalbarri. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Chaque site inscrit sur la carte nous permet d’admirer un peu plus la houle des vagues qui s’abat sur les falaises de Kalbarri. Island Rock, Shellhouse Grandstand, Eagle Gorge, Pot Alley, Jake’s Point sont autant de panoramas où il est obligatoire de s’arrêter pour prendre de superbes photos.

Plage Kalbarri

Vue sur la plage de Kalbarri. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Panorama Côte Kalbarri

Panorama sur l’océan Indien à Kalbarri. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Rainbow Valley Kalbarri

Notre van prenant la pose sur la côte. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

En revanche, tout au long de notre visite, nous sommes dérangés par de grosses mouches tentant de se poser constamment sur notre peau. Je ne sais pas si c’est la chaleur ou l’humidité ambiante (ou notre hygiène corporelle, même si nous faisons très attention) mais je dois avouer que je me serais bien passé de ces nuisibles… Je ne vous parle pas non plus des énormes cafards gambadant par terre que j’essaie d’éviter.

Cafard Kalbarri

Attention aux cafards sur la côte de Kalbarri ! Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Bon, revenons à nos moutons. Pour les plus sportifs, il est possible de faire une petite marche à travers la Rainbow Valley (que je vous conseille). En prenant le sentier, vous descendez au niveau de l’océan pour arriver au Mushroom Rock, des rochers dont la forme ressemble à des champignons. Nous faisons une halte le temps de quelques photos avant de reprendre le chemin en sens inverse et revenir au parking.

Rainbow Valley Kalbarri

La Rainbow Valley. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Randonnée Rainbow Valley

Début de la randonnée dans la Rainbow Valley. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Mushroom Rock Kalbarri

Les Mushroom Rocks. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Kalbarri côte

Méditation à Kalbarri. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

La traversée du désert

En fin d’après-midi, nous terminons le circuit sur la côte de Kalbarri pour commencer à conduire au milieu d’un désert sec et aride. J’appréhende un peu cette portion de route que personne n’emprunte hormis quelques backpackers et de gros camions. Comme la plaine de Nullarbor sur la côte sud, vous n’avez strictement rien à faire, si ce n’est tenir le volant durant des jours.

Désert côte ouest

Seul dans le désert… Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Désert voiture côte ouest

Un long chemin nous attend à travers le désert. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Au bout de deux heures, nous arrivons à une station essence où l’arrêt est obligatoire. Le Billabong Roadhouse nous permet de remplir le réservoir de notre van ainsi que deux bidons par mesure de précaution. Tomber en panne dans le désert, sans réseau téléphonique pour appeler à l’aide, c’est une expérience que je souhaiterais éviter. Ayant prévu de repartir pour se rapprocher le plus possible de notre destination, j’en suis vite dissuadé. En discutant avec l’employée de la station-service, d’une grande gentillesse, celle-ci me propose de passer la nuit, gratuitement, sur le parking juste derrière (car il n’y a aucun camping avant des centaines de kilomètres). De plus, le Billabong Roadhouse propose aux voyageurs de se doucher gratuitement, un vrai confort pour des backpackers comme nous ! En entendant la conversation, une backpacker me suggère de rester ici également.

Billabong Roadhouse

On fait le plein de carburant au Billabong Roadhouse. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Écoutant toujours les bons conseils et après en avoir parlé à mon acolyte, Steven, nous nous installons sur le parking où des dizaines de voitures sont déjà garées. Après un bon décrassage et un rapide dîner, il est l’heure d’aller se coucher. Malgré l’impossibilité d’entrer dans le parc national et de voir la couleur rose du Pink Lake, nous avons tout de même passé une belle journée, sauvée par la visite de la côte de Kalbarri. Néanmoins, j’espère que notre programme ne sera plus trop bousculé car je vous avouerais que je commence à en avoir assez des déconvenues ponctuelles depuis mon départ de la Gold Coast.

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