Carnarvon & Coral Bay, l’eau dans tous ses états

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Nous disons adieu à Shark Bay où nous avons passé une superbe journée pour reprendre la route en gardant notre cap (remonter la côte ouest). La fin de journée étant déjà bien entamée, nous ne roulons que deux petites heures avant de nous arrêter sur une aire de repos pour passer la nuit.

Un sommeil mouvementé

Contrairement aux autres campings gratuits et bondés où nous nous sommes déjà arrêtés, celui-ci n’est occupé que par une seule voiture, ce qui m’étonne fortement. Cependant, en y réfléchissant bien, cette désertification paraît plutôt logique. On ne peut pas dire que cette aire d’autoroute soit des plus confortables. Collée à la voie rapide, sans aucune commodité, dans un lieu sec et aride, vous avouerez qu’il y a quand même mieux comme endroit pour dormir.

Le seul avantage vient de sa situation géographique. Ce camping est le plus proche de l’une des « principales villes » (tout est relatif) de la côte ouest. De plus, l’obscurité approchant à grand pas, je préfère stopper la voiture maintenant pour éviter des accidents de kangourous inutiles, plus fréquents la nuit que le jour.

Nous profitons des dernières lueurs du soleil pour nous installer et préparer le repas. Nous parlons également avec le conducteur de la voiture d’à-côté, un backpacker allemand à la recherche d’une ferme pour faire ses 88 jours de travail dans le secteur agricole (obligatoires si l’on veut renouveler son visa un an de plus). Puis, épuisé par cette journée harassante, je pars me coucher pour une nuit dont je me souviendrai longtemps.

Camping Carnarvon

Camping en bord de route. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Le fait d’être proche d’une ville accroît fortement le trafic routier, même à une heure du matin. D’énormes camions décorés de guirlandes lumineuses, ne cessent de défiler et font un boucan d’enfer lors de leur passage. Même avec les boules Quies, j’arrive encore à les entendre… Par ailleurs, je suis très incommodé par un problème gastrique qui s’est déclaré aux alentours de 23 heures. Ayant choisi un camping sans toilettes, je vous laisse imaginer les difficultés pour me soulager. Heureusement qu’il y avait un petit arbuste permettant un peu de s’isoler. Malgré les médicaments et mes nombreux passages dans mes cabinets de fortune, rien n’y fait, je n’arrive pas à fermer l’œil de la nuit.

Carnarvon, ville de backpackers

Bien évidemment, levé aux aurores, j’attends que Steven sorte de son sac de couchage afin de décoller le plus rapidement possible de ce camping dont je ne garderai pas de bons souvenirs. Heureusement, ce n’est pas un gros dormeur, ce qui me permet de ne pas attendre trop longtemps.

Fatigué et toujours patraque, je demande à mon compagnon de voyage de prendre le volant pour la matinée jusqu’à ce que nous arrivions en ville. Seulement, trois quarts d’heure nous sépare de Carnarvon, nom que j’ai déjà entendu à plusieurs reprises même si, en soi, cet endroit n’a rien d’exceptionnel.

Carnarvon est surtout connu pour être l’une des principales villes où les backpackers se rendent afin de trouver une ferme ou une usine pour effectuer leurs 88 jours. Étant moi-même passé par là, Carnarvon faisait partie de ma short-list avant que je ne choisisse de partir à Mareeba, dans la région du Queensland, vers Cairns. Lorsque vous êtes des backpackers, la moitié des conversations tourne autour des fameux emplois agricoles/industriels. Lors de ces discussions, des noms de ville fusent tels que Bundaberg, Gayndah, Darwin, Innisfail, Carnarvon ou Mareeba, représentant le Saint Graal pour beaucoup de jeunes en WHV (Working Holiday Visa). Cependant, ces villes sont aussi considérées comme des pièges et arnaques si l’on n’y prend pas garde. Des fermiers peu scrupuleux pourraient user de votre gentillesse et surtout de votre naïveté afin de vous faire travailler comme un forcené pour in fine ne pas être payé (pour ceux que ça intéresse, n’hésitez pas à lire mes articles sur ma recherche de fermes dans la Queensland).

Ma visite d’aujourd’hui a un tout autre objectif, beaucoup plus agréable. Bon, Carnarvon nous sert uniquement de ravitaillement. Après une visite rapide de la rue principale près de l’océan, des courses au supermarché, le plein d’essence et un nouvel arrêt aux toilettes, nous quittons Carnarvon sans regrets.

Les « geysers » de Quobba Blowholes

Non loin de Carnarvon, un site « pseudo » touristique nous incite à y faire un détour. Étant un jour en avance sur notre programme (dû à la fermeture du parc national de Kalbarry), nous pouvons nous permettre de prendre notre temps.

Les Quobba Blowholes sont des sortes de « geysers » naturels, offrant un spectacle amusant pour des voyageurs curieux, souhaitant partir hors des circuits touristiques les plus populaires de la côte ouest. Comme pour certains sites de la région de Shark Bay, le chemin de terre à emprunter n’est pas très agréable mais faisable pour tout type de voiture, du moment que vous ne rouliez pas à toute berzingue.

Attention, avant de vous y rendre, consultez l’état des marées de la région car ces geysers ne sont visibles qu’à marée basse. Je vous le dis car ayant oublié de nous en préoccuper, nous sommes arrivés une dizaine de minutes avant que les geysers ne disparaissent sous les eaux. Pour les apercevoir, il est nécessaire de s’approcher du bord des falaises où l’on peut observer, à certains endroits, des trous d’où jaillit l’eau. Les vagues, arrivant à pleine vitesse, s’engouffrent dans un réseau souterrain d’où elles en ressortent via des petits puits, créant ainsi des geysers.

Carnarvon Quobba Blowholes

Les falaises de Carnarvon. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Quobba Blowholes

Un trou par lequel sortent des jets d’eau. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Geyser Quobba Blowholes

Un « geyser » en action. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Geyser Quobba Blowholes

C’est assez impressionnant lorsqu’on le voit de ses propres yeux. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Le spectacle terminé, nous nous promenons le long de la côte jusqu’à une petite plage où l’eau est d’un calme olympien. C’est surprenant de voir qu’à quelques mètres de distance, la fureur de l’océan laisse place à une baie silencieuse et reposante.

Plage Quobba Blowholes

Juste à côté des tumultes des Quobba Blowholes, une plage calme et reposante. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

La plage de Coral Bay

En fin de matinée, nous quittons la région de Carnarvon afin de visiter Coral Bay et ses plages de sable fin. 270 kilomètres de désert plus tard, nous posons notre van en face de l’océan. Changement d’ambiance, Coral Bay a l’air d’être un lieu de villégiature pour les voyageurs venus découvrir l’Australie. Même si la ville est minuscule, elle n’en reste pas moins remplie de touristes et de commerces dont les activités sont principalement tournées vers les loisirs aquatiques. Locations de palmes et tubas, croisières en bateau, cours de plongée sont autant d’offres que proposent les habitants ou saisonniers de Coral Bay.

centre-ville Coral Bay

La rue principale de Coral Bay. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Coral Bay plage

Vue sur la plage de Coral Bay. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Après être passé devant plusieurs agences touristiques, je commence à céder à la tentation. Je pars me renseigner sur une activité que je n’ai pas eu l’idée de planifier. Au large de Coral Bay, il est possible de nager avec des raies manta dont la taille de certaines est, paraît-il, impressionnante. Ces animaux marins ne sont pas d’un naturel agressif alors qu’ils ont la possibilité de l’être. En effet, leur dard possède un venin très puissant qui peut tuer un homme. Malgré ce danger, les raies manta sont fascinantes et incroyablement belles. Leurs grandes « ailes » donnent l’impression qu’elles volent sous l’eau et les rendent majestueuses.

Me voyant déjà dans l’eau, entouré par des raies, je discute avec l’employée d’une agence pour tenter de booker une place pour le lendemain. Malheureusement, mon enthousiasme va vite déchanter… Les conditions en mer vont être très mauvaises pour ces deux prochains jours. De fortes rafales de vent et de la pluie sont prévues, rendant toute excursion en mer impossible. Encore une fois, il faudrait attendre plusieurs jours à Coral Bay avant de pouvoir nager au large… Le temps étant un luxe que je ne peux m’offrir, je suis contraint d’abandonner cette idée et de reprendre les plans initialement prévus. Décidément, la météo m’aura fortement joué des tours durant tout mon road trip 🙁 Ça en devient même insupportable !

Du coup, nous utilisons le reste de notre journée pour nous balader sur la plage de Coral Bay, vrai havre de paix malgré le nombre de touristes qui, éparpillés, ne sont pas plus gênants que ça. Dans une baie sans remous, le soleil décline peu à peu, annonçant la fin de la journée. Nous rencontrons, encore une fois, un pélican posé sur le sable, face à la mer. Le temps d’une photo, ce dernier se laisse approcher facilement.

Coral Bay plage balade

Balade le long de la plage de Coral Bay. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Océan Indien Coral Bay

Relaxation au bord de l’océan Indien. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Pieds dans l'eau Coral Bay

Après avoir mis mes pieds, je peux vous dire que l’eau n’est pas si chaude que ça… Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Pélican Coral Bay plage

Un pélican en mode farniente à Coral Bay. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Coral Bay plage soleil

Un beau coucher de soleil à Coral Bay. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Les termitières du désert

Aucun camping gratuit n’étant présent aux alentours, nous préférons reprendre la route afin de trouver un endroit où passer la nuit. Bien entendu, Coral Bay propose un camping et des hôtels mais ces derniers sont pris d’assaut. De toute façon, n’ayant pas forcément le budget pour, nous ne nous serions sans doute pas arrêtés ici.

Néanmoins, même si ce n’est pas très correct, nous utilisons les sanitaires du camping situé en face de la plage pour nous doucher à l’eau chaude. Je sais, cette pratique n’est pas autorisée mais nécessaire compte tenu de notre petit portefeuille… Depuis le Billabong Roadhouse, nous n’avons pas trouvé de douches publiques et après mon trouble gastrique de la nuit dernière, j’ai fortement envie de me laver et me sentir bien propre.

La toilette terminée, il est temps de partir, un peu frustré de ne pas être resté plus longtemps. Pour les amateurs de plongée, cette partie de la côte ouest australienne est un arrêt incontournable que je ne pourrais pas tester 🙁

Sur la route, nous apercevons, des deux côtés, de gros monticules de terre alvéolés. Sachant ce que c’est mais n’en ayant encore jamais vu en vrai, je décide d’arrêter le van pour nous approcher de l’un d’entre eux. Il s’agit de grosses termitières comme j’ai pu en voir à la TV dans des reportages sur Afrique et l’Australie. C’est incroyable de se dire qu’un si petit insecte peut concevoir une telle structure. Ce qui est également incroyable (mais dans le mauvais sens), ce sont les détritus qui jonchent le sol, laissés à l’abandon par des touristes, camionneurs ou je ne sais quel autre imbécile. Dans un décor comme celui-ci, comment peut-on être aussi irrespectueux et polluer notre nature ? Il ne faut quand même pas sortir de l’ENA ou Saint-Cyr pour mettre ses déchets dans un sac en plastique et les jeter dans la première poubelle venue ! Parfois, je me dis que la fainéantise et la stupidité de l’Homme vont causer notre perte…

Termitières désert

Des termitières dans le désert australien. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Termitière ouest australien

Le soleil se couche derrière les termitières de l’ouest australien. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

Enfin bref, nous faisons encore quelques kilomètres avant de trouver un camping entouré de termitières. Ce lieu atypique, comme je les aime, est parfait pour terminer cette journée. Demain, nous arriverons à notre principale étape de ce road trip où nous avons prévu de passer plusieurs jours et de faire énormément d’activités. Seul petit bémol, la météo devrait être assez calamiteuse ce qui risque de gâcher un peu notre séjour.

Désert fin de journée

Fin de journée dans le désert. Crédit photo : CHAN OU TEUNG Fabien

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